La porte d’entrée de l’Agriculture biologique au Mali a été le coton biologique à partir des années 1998 à la suite de la crise du coton conventionnel. Sous l’accompagnement de Helvetas-Mali, des résultats encourageants ont été obtenus. Ils sont le fruit des efforts soutenus depuis le début du processus par les principaux partenaires et acteurs de la filière biologique : des producteurs et des productrices , les bureaux privés prestataires de services en conseil agricole (SETADE et Agri multi services), les structures de recherche et de formation (IPR, IER, ICRAF), les structures de développement ( CMDT, OHVN), Reinhart AG, les industries textiles indiennes Prem Durai, les deux distributeurs suisses (Migros et Switcher), le pool de financiers (SECO, HELVETAS Swiss Interopération, ICCO/UE, Oxfam, UEMOA, Région de la Bretagne…) ainsi que les structures de certification biologique (ECOCERT) et équitable (FLO/Max Havelaar).

Depuis 2010, la dimension diversification agricole et la prise en compte des cultures de rotation2 (sésame, arachide, wandzou, fonio, mais, sorgho, …) et des cultures associées (fruits et légumes) sont intégrées dans le cadre de la stratégie de production biologique pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cette stratégie complète les objectifs d’accroissement des revenus et de réponse à la demande des marchés (locaux, nationaux et internationaux).

L’approche « système de production biologique » met aussi l’accent sur la gestion de la fertilité des sols. Pour de nombreux acteurs, notamment l’UEMOA, l’UA, la FAO, l’AFD, l’AProCA, l’UE, l’agriculture biologique contribue à l’adaptation au changement climatique, et représente un moyen de lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. L’extension de la production en vue de faire face à la demande croissante du marché et la diversification des sources de revenus, est une préoccupation majeure desdits acteurs de la filière. Aussi les productions biologiques et écologiques contribuent de façon durable à l’amélioration de la santé humaine et nutritionnelle.

Le principe de santé : l’agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux, des hommes et de la planète, comme étant une et indivisible ;

Le principe d’écologie : l’agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants, s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir ;

Le principe d’équité : l’agriculture biologique devrait se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport à l’environnement commun et aux opportunités de la vie ;

Le principe de précaution : l’agriculture biologique devrait être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures ainsi que l’environnement.

Un atelier de planification pour l’institutionnalisation de l’Agriculture écologique et biologique dans les politiques et les plans de développement Agricole en Afrique de l’Est et de l’Ouest a été organisé à Dakar en Août 2012. Des conclusions de cet atelier, il a été décidé de réaliser un projet pilote AEB dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest : Sénégal, Mali, Bénin et Nigeria. Au Mali, c’est le MoBioM (le Mouvement Biologique Malien) qui a été désigné comme l’organisation paysanne leader en charge de la mobilisation des acteurs et partenariats pour le développement de l’agriculture écologique et biologique.

Avec le temps le nombre et la qualité des organisations socioprofessionnelles biologiques sont en croissante augmentation.

L’AOPP est une association faîtière composée de 247 organisations paysannes de dimensions et de natures diverses et qui couvre les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao.

Ces Organisations Paysannes (OP) membres de l’AOPP sont largement impliquées dans le bio.

A Koro, dans la région de Mopti, une société coopérative de femmes s’est fait connaître par sa production de sésame biologique. De nombreuses productrices se structurent autour du maraîchage biologique (tomate, choux, oignon, gombo, piment, laitue…) dans plusieurs localités de la ceinture du District de Bamako et dans la région de Koulikoro avec des actions de commercialisation périurbaine sous l’accompagnement de l’ONG Gip-Bio.

Les régions de Kayes et Sikasso mobilisent des producteurs autour du fonio bio sous le service conseil de l’ONG Damier-Mali. Le CRRA de Sikasso, l’IPR/IFRA / étudiants, FIBL- programme Syprobio se sont investis qualitativement dans la recherche -vulgarisation.

La Fédération Nationale des Producteurs de l’Agriculture Biologique (FENABE) qui regroupe plus de 60 coopératives est l’un des acteurs incontournables des filières biologiques (Cette faîtière travaille sur beaucoup de systèmes de production biologiques).

Une récente étude Gouvernementale en 2011 sur la qualité des produits agro-alimentaires, commanditée par le Secrétariat Permanent du Conseil Supérieur de l’Agriculture, chargé de la mise en oeuvre de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) marque l’intérêt du Gouvernement du Mali pour l’Agriculture biologique, notamment dans un contexte d’insécurité alimentaire et de changement climatique.

Ainsi des expériences de production de culture bio sont recensées par le ministère de l’Agriculture notamment dans la zone de Koulikoro et le périurbain de Bamako.