Les travaux de la quatrième Conférence ouest-africaine de l’Agriculture écologique et biologique se tiennent, depuis hier mardi, à l’hôtel Mandé de Bamako, sous le thème : « Opportunité émergente de l’Agriculture écologique et biologique (AEB) en Afrique » Le rendez-vous de Bamako se veut surtout une tribune d’exposition et d’échange des meilleures pratiques, les savoirs, ainsi que les instruments utiles à l’établissement de partenariats fructueux et à la promotion d’une agriculture durable et rentable pour l’ensemble des acteurs concernés.

Placée sous l’égide du conseiller technique, Seydou KEITA, représentant le ministre de l’Agriculture, la cérémonie d’ouverture de la rencontre, de deux jours, s’est déroulée en présence du président de l’AOPP (Association des organisations professionnelles paysannes), assurant la Coordination pays du mouvement Agriculture écologique et biologique AEB-Mali), l’honorable Tiassé COULIBALY ; de plusieurs invités de marques, partenaires et spécialistes en AEB, venus d’Europe et d’Afrique, notamment la Suisse, le Kenya, le Nigéria, le Sénégal, le Ghana, le Bénin, le Burkina Faso.

On y notait également la présence remarquable de plusieurs acteurs (responsables de projets, paysans, maraichers, transformateurs) intervenant dans le domaine de l’AEB.

L’honneur est revenu au président de l’AOPP de souhaiter la cordiale des bienvenues à tous les invités venus de l’intérieur et de l’extérieur du Mali. Il a également remercié et félicité les responsables de Bio-Vision Africa Trust pour avoir confié l’organisation de la 4e conférence ouest-africaine de l’Agriculture écologique et biologique au Mali.

Le représentant du ministre de l’Agriculture s’est félicité également du choix porté sur notre pays pour cette rencontre de haut niveau. Ce qui, à son avis, témoigne une fois de plus l’engagement des leaders de la profession agricole et de la confiance des plus hautes autorités nationales.

Un des objectifs recherchés par l’AEB, a soutenu M. KEITA, est sans doute une large adhésion des acteurs à ce type d’agriculture qui se veut « économique et protecteur de notre environnement, car utilisant moins d’espace cultivable et de pesticides ».

Aussi, a-t-il défini, l’Agriculture écologique et biologique constitue un système de production qui maintient et améliore la santé des sols, des écosystèmes en s’appuyant sur des processus écologiques, la biodiversité et des cycles adaptés aux conditions locales, plutôt que sur l’utilisation d’intrant ayant des effets adverses.

Par ailleurs, soutient-il, au Mali, comme partout ailleurs, il y a aujourd’hui la nécessité de définir les nouvelles formes de partenariat et d’améliorer ceux existants, car pour lui, l’environnement de l’agriculture a subi de modifications profondes avec surtout l’apparition de nouveaux acteurs, de nouvelles alliances avec des enjeux et des risques.

Selon M. KEITA, la Politique de développement agricole au Mali telle que voulue par le département, repose sur la modernisation de l’agriculture familiale.

« Nous sommes convaincus que cette option est un facteur de l’émergence d’un secteur agricole équilibré, compétitif et intégré dans l’économie sous régionale », a-t-il indiqué.

L’émissaire du ministre de l’Agriculture dira que l’AEB est un maillon essentiel dans la réhabilitation du secteur agricole vis-à-vis des acteurs nationaux et internationaux. Il constitue, pour lui, un puissant levier susceptible de stimuler l’investissement national et international au profit des producteurs nationaux et de la sous-région.

Pour lui, l’AEB est une véritable agricole de la sous-région qui vise essentiellement à promouvoir les productions de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la foresterie ainsi que de la transformation agro-alimentaire ; à faire connaître et accroître la capacité de production et d’échange de la sous-région avec le reste du monde, etc.

En conclusion, dira M KEITA, la 4e Conférence de l’Afrique de l’Ouest sur l’Agriculture écologique et biologique est un thème d’actualité, marquée par le phénomène des changements climatiques qui est en train de bouleverser toutes nos habitudes culturales, mettant ainsi en péril l’atteinte de nos objectifs en matière de sécurité alimentaire.

Auparavant d’autres intervenants, notamment le président du Comité directeur continental de l’Initiative d’agriculture biologique écologique en Afrique Dr David AMUDAVI, le président du Comité exécutif d’AfrONet, Jordan GAMA, le directeur de IFOAM, Markus ABENZ, le représentant Swiss Agency for Development Corporation, Peter SIDLER, et celui de la CEDEAO, Ernest AUBEE, se sont succédé pour magnifier l’importance de l’AEB et la nécessité pour l’Afrique de la promouvoir.

Tous ont félicité le Mali pour la qualité de l’organisation de la présente conférence et également salué l’engagement et le leadership de notre pays en matière de l’AEB.

Après la cérémonie d’ouverture, agrémentée par un sketch sur les avantages de l’AEB, présenté par « Fiman et Djèman », les participants ont eu droit à une visite guidée des stands d’exposition des produits exclusivement bio, dans le jardin de l’hôtel.

La reprise des travaux a été marquée par la présentation des thématiques, suivie des discussions.

Pour rappel, après le Programme détaillé pour le Développement de l’Agriculture africaine (PDDAA) adopté à Maputo par la conférence des chefs d’État africain, l’Union africaine (UA) s’est engagée à soutenir l’initiative AEB en 2007 pour faciliter son intégration dans les politiques agricoles des pays africains. Ainsi, la Coopération Suisse au Développement (DDC), suite aux négociations du Comité de pilotage de l’initiative AEB, s’est engagée à appuyer la mise en œuvre de l’initiative dans 4 pays de l’Afrique de l’Est : l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie, le Rwanda et 4 autres de l’Afrique de l’Ouest : le Mali, le Sénégal, le Benin et le Nigeria.

Au Mali, le CLO (Coordination leader pays) est assuré par l’AOPP. Les piliers chargés respectivement de la recherche, de la communication, et des chaînes de valeur) sont IER, IPR-IFRA et REMATRAC-Bio).

Par: Sékou CAMARA

Date: Parution du mercredi 6 décembre 2017

Source: Info-Matin (un quotidien de Bamako)

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